Portraits d’adhérents #21 : Le Rézo (Corse)
Chaque mois le PAM met en lumière un de ses adhérents, afin de valoriser les initiatives et projets innovants des membres du réseau ! En novembre, nous mettons en avant Le Rézo, l’association qui fédère les acteurs de la filière en Corse. Stéphane Biancarelli, son directeur-fondateur, a répondu à nos questions.
- Depuis quand existe le Rézo et quelles sont ses missions ?
Le Rézo a été créé en 2008, par la volonté d’acteurs de la musique en Corse (salles de concert, festivals, écoles de musique, Antenne du Printemps de Bourges…) pour accompagner la création, qui, à cette époque-là, était peu pourvue de moyens pour se développer.
Dans un premier temps, l’association s’est consacrée à l’accompagnement des projets en voie de professionnalisation. Le repérage, le conseil, la formation, l’aide à la production et à la diffusion, en Corse comme à l’extérieur, sont ses premières missions, avec la souplesse de pouvoir s’adapter aux besoins de chaque projet.
Dans un second temps, la structure a tenu à défendre les intérêts des acteurs des Musiques Actuelles en Corse en portant une parole commune et en les invitant à participer à une réflexion collective, à l’image des réseaux régionaux qui fédèrent leurs adhérents.
- Combien d’adhérents et quels projets en commun développez-vous ?
Le nombre d’adhérents est resté volontairement restreint pour des raisons de simplification de la gouvernance. Mais la force du Rézo est de collaborer avec la majorité des structures professionnelles de l’île.
Aujourd’hui, cela représente 6 adhérents et une trentaine de partenaires associés de toutes natures, avec lesquels le Rézo fait au minimum une opération par an : salles de spectacles, festivals, centres culturels, services culturels municipaux, écoles de musique, radios, offices de tourisme… Les projets pour lesquels les outils et compétences de chacun sont mis à disposition sont essentiellement de la résidence, de la formation et de la diffusion.
Masterclass sur "Le panorama des métiers de la musique" (c) DR
- Quelle est la pertinence pour vous d’adhérer au PAM ?
Avant d’être cofondateur et aujourd’hui directeur du Rézo, j’ai toujours noué des liens privilégiés avec la région PACA dans mon travail et j’ai de grandes affinités avec certains de ses acteurs. Se nourrir de ce qui se passait dans la région continentale la plus proche de la Corse, et qui a l’une des plus fortes activités culturelles, a toujours été enrichissant. Établir des échanges artistiques et professionnels s’est toujours fait naturellement, que ce soit dans mes fonctions de programmateur, en tant que membre du Cercle du Midi ou adhérent du réseau TREMA (avant même la création du PAM) ou encore comme coordinateur de l’Antenne Corse des Inouïs.
Aujourd’hui, adhérer au PAM pour une structure comme le Rézo permet de bénéficier d’une dynamique collective et d’un soutien précieux, évitant l’isolement lié à l’insularité, avec le sentiment d’œuvrer pour un projet d’utilité publique au service du développement des Musiques Actuelles et à la défense de leurs intérêts.
- La région Sud subit de nombreuses baisses de subventions des collectivités et de l’Etat, qu’en est-il de la Corse ?
Les structures et les artistes insulaires bénéficient de dispositifs mis en place par la Collectivité de Corse qui peuvent paraître avantageux par rapport à ceux d’autres régions. Mais cette situation est à nuancer en raison du statut particulier de l’île : la DRAC est peu présente dans les financements pour les Musiques Actuelles et les départements ont disparu depuis la création d’une collectivité territoriale unique. Cette dernière reçoit directement l’enveloppe Culture du ministère et reste donc la principale institution publique, avec les municipalités, à financer la Culture sur le territoire.
Ce manque de diversité dans les sources de financement, au service d’une politique culturelle unique, restreint les possibilités pour défendre et développer ses projets.
Le Rézo jouit d’une reconnaissance de la région Corse depuis sa création par le biais d’un conventionnement. Depuis 2025, une baisse globale pour la Culture (moins 8% pour le Rézo), s’est fait sentir, et nous assistons, pour l’instant, à une stagnation des montants attribués.
- Commentaire libre
Le Rézo reste une structure unique dans son activité sur l’île.
Chaque année, nous pouvons constater que les bilans sont très bons au regard des budgets alloués.
L’enjeu est de pérenniser ses actions et surtout d’avoir les moyens de les développer, notamment sur les axes de la diffusion de la création corse à l’échelle nationale et internationale.
Dans un domaine non lucratif, entièrement gratuit pour ses bénéficiaires et dépendant de financements publics, le Rézo n’est pas éligible aux financements nationaux. Le défi pour les années à venir sera donc de convaincre les organismes professionnels nationaux qu’il est également de leur intérêt de participer à la professionnalisation et au rayonnement de la création insulaire au-delà de l’île.
Plus d’infos sur le Rézo sur > le site < / > facebook < / > instagram <
Photo de couverture : Stéphane Biancarelli, directeur et cofondateur du Rézo et Marie-Cécile Hanin, coordinatrice du Rézo (c) DR
Rencontre professionnelle à Bastia "La diffusion des projets musicaux en Corse et à l’extérieur" (c) DR

