Portrait d’adhérent #18 : La Guinguette Sonore
Le PAM met en avant ses adhérents à travers leur portrait, pour valoriser leurs initiatives et projets innovants ! Cet été, nous vous présentons Les Oreilles en face des Trous, qui porte le festival rock La Guinguette Sonore à Istres. Sébastien Dreyer, directeur de l’association, nous présente ce festival rock unique.
Pouvez-vous nous présenter votre structure ?
Les Oreilles en Face des Trous est une association née en 2003, initialement dédiée au management de groupes et mise en sommeil par la suite. Elle a été réactivée pour reprendre l’organisation de la Guinguette Sonore en 2019. Son but s’est élargi pour engager des événements tout au long de l’année et des projets sociaux comme l’accessibilité aux sourds avec Octopulse, ou la mise en valeur des femmes dans le rock avec Éclipse de L’une.
Présentez-nous Eclipse de l’Une ?
Eclipse de l’Une est une exposition interactive qui se présente sous la forme d’une structure de 6 mètres par trois, couverte d’un plafond-fresque. Cette fresque est composée de 49 hommes et huit femmes (proportion de mixité constatée sur les scènes de festival en France). Dès lors, à l’aide d’une tablette et de réalité augmentée, charge aux visiteurs de retrouver les femmes, les scanner, et ainsi avoir accès à leurs parcours, leurs interviews, etc… Il est à noter que si cette exposition se concentre sur le domaine musical, elle présente aussi bien des musiciennes, que des techniciennes, ou directrices de salles de concert.
Un mot sur Octopulse ?
Octopulse a pu être présenté en 2025 lors de la Guinguette Sonore. Ce dispositif est né de la volonté de rendre La Guinguette Sonore toujours plus inclusive et plus partageuse. Pour cette première action, les concerts de Irnini Mons et Crache ont été rendus accessible en chansigne, et des gilets vibrants ont été mis à disposition des festivaliers. Il est à noter que ce dispositif sera renouvelé en 2026 !
Vous avez développé un format original de festival avec une diversité d’activités proposées, comment avez-vous développé un tel concept ?
La formule est née de la collaboration entre le Pub de l’Europe et Le Pointu à Istres. L’association a proposé une programmation rock dans un cadre original, celui de la plage de la Romaniquette. L’ambiance familiale s’est imposée tout naturellement, enrichie par des animations pour enfants, et les événements sociaux sont venus compléter le projet de manière organique. A noter également qu’un village a fait son apparition en 2025 offrant un lieu tout à la fois ludique, éducatif et festif !
Vous contribuez activement à soutenir la scène rock, pouvez-vous nous parler de l’étendue de vos actions ?
Le soutien se fait naturellement, en privilégiant des groupes locaux et l’émergence. C’est aussi une question de budget, mais surtout un plaisir de garder un espace convivial et authentique. Nous parvenons également, je pense, à être un pont entre cette scène rock sauvage et les institutionnels, en montrant à quel point ce mouvement rock est actuellement riche et bouillonnant. En mettant en lumière les femmes du rock, nous affirmons également notre engagement pour cette culture.
Par ailleurs, comme nous avions tenté de le faire de manière plus formelle avec SLAP (Sous Les Ailes du Poulpe), nous continuons d’essayer d’apporter notre pierre au développement de certains groupe, dont nous suivons de près l’évolution, et auxquels nous essayons de donner un coup de pouce lorsque c’est possible. Comme essayer de trouver des lieux de résidence, mettre en relation avec certains professionnels, ou autres conseils en tout genre. Nous pouvons citer pêle-mêle Catchy Peril, Sovox, Le Bien et quelques autres.
Comment arrivez-vous à faire fonctionner l’association exclusivement avec du bénévolat ?
L’équipe centrale est portée par un bureau de sept personnes, avec un engagement plus ou moins important en fonction de la période de l’année et des actions à mener. Nous bénéficions aussi du renfort de bénévoles sur des événements spécifiques, et de plus d’une cinquantaine de personnes pendant le festival de la Guinguette Sonore. Cette ambiance nous permet d’avoir une équipe solide et fidèle, qui ne demande qu’à revenir chaque année.
Cependant, le fait d’être bénévoles, et de tous avoir un job à côté, nous empêche parfois de pousser certaines actions aussi loin que nous le souhaiterions. Je pense par exemple à SLAP (Sous Les Ailes du Poulpe), qui devait offrir un accompagnement à certains groupes, que nous avons été contraints d’arrêter, faute de temps à y consacrer, ou encore Eclipse de l’Une que nous aimerions développer encore plus… Mais les journées ne font que 24h !
Y a-t-il une volonté de développer le festival et passer à des jauges plus importantes ?
Nous avons trouvé une formule qui nous convient parfaitement l’année dernière, et notre but est de la stabiliser financièrement plutôt que de chercher à grandir. Nous accueillerions bien évidemment quelques festivaliers de plus, mais plus que tout, nous souhaitons préserver l’ambiance familiale, joyeuse et chill de ce dernier weekend de vacances !
Commentaire libre
Les points centraux restent le cadre exceptionnel, l’investissement de l’équipe tout au long de l’année, le nombre de bénévoles et de partenaires, ainsi que l’esprit familial, cosy, safe place et engagé de l’événement.
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(c) photos Laurent Bruguerolle


